Liste des Reines de France

Liste des Reines de France
Image : détail d'un portrait de la reine Marie-Antoinette d'Autriche, peinte par Élisabeth Vigée-Lebrun, 1783.



Mérovingiens

Basine de Thuringe (445 - 491), épouse de Basin, roi de Thuringe, puis de Childéric Ier, roi des Francs et mère de Clovis Ier.
Clotilde (465 - 545), seconde épouse de Clovis Ier. Fille de Chilpéric, roi des Burgondes.
● Suavegothe, seconde épouse de Thierry Ier.
● Ultrogothe (497 - 566), épouse de Childebert Ier.
● Ingonde (env. 499-546), première épouse de Clotaire Ier.
● Chunsène, deuxième épouse de Clotaire Ier.
● Gondioque, (env.495-532)/size], épouse de Clodomir puis troisième épouse de Clotaire Ier.
● Arnegonde (515-573), quatrième épouse de Clotaire Ier.
● Radegonde (519 - 587), cinquième épouse de Clotaire Ier.
● Deoteria, première épouse de Théodebert Ier. Princesse noble gallo-romaine d'Auvergne.
● Wisigardis, deuxième épouse de Théodebert Ier.
● Vultrade, épouse de Théodebald puis sixième épouse de Clotaire Ier.
● Ingeberge, première épouse de Caribert Ier.
● Méroflède, deuxième épouse de Caribert Ier.
● Marcovèfe, troisième épouse de Caribert Ier.
● Théodechilde, quatrième épouse de Caribert Ier.
● Vénérande, première épouse de Gontran.
● Marcatrude, deuxième épouse de Gontran.
● Austregilde, troisième épouse de Gontran.
● Brunehilde (547 - 613), épouse de Sigebert Ier.
● Audovère († 580), première épouse de Chilpéric Ier.
● Galswinthe (545 - 567), épouse de Chilpéric Ier.
● Frédégonde (545 - 597), épouse de Chilpéric Ier.
● Faileube, épouse de Childebert II.
● Bilichilde, première épouse de Théodebert II.
● Théodechilde, deuxième épouse de Théodebert II.
● Ermenberge, épouse de Thierry II.
● Haldetrude, première épouse de Clotaire II.
● Bertrude (ou Bertrade ou Bérétrude) (582-620), seconde épouse de Clotaire II, roi de Neustrie, mère supposée de Dagobert Ier.
● Sichilde (ou Sicheut) (590-?), troisième épouse de Clotaire II, mère supposée de Caribert II.
● Fulberte, épouse supposée de Caribert II.
● Gomatrude (ou Gomotrude), (env. 598-630) première épouse de Dagobert Ier.
● Nantilde (ou Nantechilde) (610 - 642), seconde épouse de Dagobert Ier, mère de Clovis II.
● Ragnétrude (ou Raintrude), troisième épouse de Dagobert Ier.
● Chimnechilde, épouse de Sigebert III.
● Sainte Bathilde (vers 626-680), épouse de Clovis II, mère de Clotaire III, de Childéric II et de Thierry III.
● Bilichilde († 675), épouse de Childéric II.
● Clotilde dite Doda (env. 650 – 699), épouse de Thierry III, mère de Clovis III et Childebert III.


Carolingiens

● Bertrade de Laon (ou Berthe dite au grand pied) (719 – 783), épouse de Pépin le Bref, mère de Charlemagne et de Carloman Ier. Fille de Caribert II, comte de Laon.
● Himiltrude, première épouse ou maîtresse de Charlemagne.
● Désirée de Lombardie, deuxième épouse de Charlemagne (769). Nommée Désirée par les historiens, son nom nous est resté inconnu jusqu'à aujourd'hui. Fille de Didier de Lombardie, roi des Lombards.
● Hildegarde, (758 – 783), troisième épouse de Charlemagne (771), mère de Louis Ier. Fille de Gérold Ier de Vintzgau et Emma d'Alémanie.
● Fastrade, († 794), quatrième épouse de Charlemagne. Fille de Raoul III de Franconie et d'Aéda de Bavière.
● Luitgarde d'Alémanie, cinquième épouse de Charlemagne. Fille de Luitfrid II de Sundgau et d'Hiltrude de Wormsgaü.
● Ermengarde de Hesbaye (ou Ermingarde, Irmangarde) († 818), première épouse de l'empereur Louis Ier. Fille du Robertien Ingramm, comte de Hesbaye.
● Judith de Bavière (800 – 845), seconde épouse de Louis Ier, mère de Charles le Chauve. Fille de Welf Ier, seigneur de Bavière.
● Ermentrude d'Orléans († 869), première épouse de Charles II le Chauve, mère de Louis II le Bègue. Fille de Eudes d'Orléans comte d'Orléans.
● Richilde de Provence (ou Richeut) (? - 910), seconde épouse de Charles II le Chauve. Fille de Bivin de Gorze, comte d'Ardenne, elle est la s½ur du roi Boson de Provence.
● Ansgarde d'Hiémois (ou de Bourgogne) (826-880/882) épousée (secrètement) en 862 par le prince Louis (futur Louis ll), elle est la mère de Louis III et de Carloman II.
● Adélaïde (ou Aélis) (853-901), seconde épouse de Louis II Le Bègue, mère de Charles III le Simple. Fille d'Aldalhard, comte du palais et comte de Paris.
● Richarde de Souabe († 894), épouse de Charles III le Gros. Fille d'Erchanger, comte du palais.
● Théodérade, épouse d'Eudes.
● Frédérune (ou Frérone) († 917), première épouse de Charles III le Simple (907). Fille de Thierry II de Rhingelheim et de Rhingildim de Frise.
● Edwige de Wessex (ou Odvige) (896 - 951), seconde épouse de Charles III le Simple, mère de Louis IV d'Outremer. Fille d'Édouard d'Angleterre.
● Béatrice de Vermandois, épouse de Robert Ier. Fille d'Herbert Ier, comte de Vermandois.
● Emma de France († 935), épouse de Raoul Ier. Fille de Robert Ier et de Béatrice de Vermandois.
● Gerberge de Saxe ou de Germanie (913-984), épouse de Louis IV d'Outremer, mère de Lothaire. Fille d'Henri l'Oiseleur, roi de Germanie.
● Emma d'Italie († 989), épouse de Lothaire. Fille de Lothaire II, roi d'Italie.


Capétiens

¤ Capétiens directs (branche aînée)

● Adélaïde d'Aquitaine (ou Adèle) (945-1004), épouse d'Hugues Capet, mère de Robert II le Pieux. Fille de Guillaume III, duc d'Aquitaine.
● Rozala de Provence (ou Suzanne) (ou d'Ivrée) († 1003), veuve de Arnould II, comte de Flandre († 988). Première épouse de Robert II. Fille de Bérenger II, roi d'Italie.
● Berthe de Bourgogne (964-1024), veuve de Eudes comte de Blois. Deuxième épouse de Robert II le Pieux. Fille de Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne et de Mathilde, fille de Louis IV d'Outremer. Jamais couronnée
● Constance d'Arles († 1032), troisième épouse de Robert II, mère d'Henri Ier et de Robert Ier, duc de Bourgogne. Fille de Guillaume Ier de Provence, comte d'Arles et d'Adélaïde d'Anjou.
● Mathilde de Frise († 1044), première épouse d'Henri Ier. Fille de Liudolf, margrave de Frise.
● Anne de Kiev (ou de Russie) (1024-†1089), deuxième épouse du roi Henri Ier, mère de Philippe Ier. Fille de Iaroslav Ier, grand-prince de Kiev.
● Berthe de Hollande (v. 1058-1093), première épouse de Philippe Ier, mère de Louis VI le Gros. Fille de Florent Ier, comte de Hollande et de Gertrude de Saxe.
● Bertrade de Montfort (vers 1070-1117), seconde épouse de Philippe Ier qui l'avait enlevée alors qu'elle était déjà mariée à Foulque IV, comte d'Anjou,
● Lucienne de Rochefort (vers 1088-après 1137), première épouse ou simplement fiancée de Louis VI le Gros. Jamais couronnée
● Adèle de Savoie (ou Alix, ou Adélaïde) (vers 1092-1154), épouse de Louis VI le Gros, mère de Louis VII le Jeune. Fille d'Humbert II, comte de Savoie et de Gisèle de Bourgogne, s½ur du pape Calixte II. Veuve de Louis VI, elle épouse le connétable Mathieu Ier de Montmorency.
● Aliénor d'Aquitaine (1122–1204), Fille de Guillaume X, duc d'Aquitaine, elle épouse Louis VII.
● Constance de Castille, (v. 1138-1160), seconde épouse de Louis VII. Fille d'Alphonse VII, roi de Castille.
● Adèle de Champagne (ou Alix) (v. 1140† 1206), troisième épouse de Louis VII, mère de Philippe Auguste. Fille de Thibaut II, comte de Champagne.
● Isabelle de Hainaut (1170–1190), première épouse de Philippe Auguste, mère de Louis VIII le Lion. Fille de Baudouin V, comte de Hainaut et de Flandre
● Ingeburge de Danemark (ou Isambour ou Ingeborg) (1174–1236), seconde épouse de Philippe Auguste, elle fut répudiée le lendemain de son mariage puis réhabilitée en 1212. Fille de Waldemar Ier, roi de Danemark.
● Agnès de Méranie (v. 1180-1201), troisième épouse de Philippe Auguste. Fille de Berthold, duc de Méranie.
● Blanche de Castille (1188–1252), épouse de Louis VIII le Lion, mère de Louis IX. Fille d'Alphonse VIII, roi de Castille, et d'Aliénor d'Angleterre. Régente du royaume de 1226 à 1234.
Marguerite de Provence (1221-1295), épouse du roi Louis IX dit Saint Louis, mère de Philippe III. Fille de Raymond-Bérenger V, comte de Provence, et de Béatrice de Savoie (†1266).
Isabelle d'Aragon (1243–1271), épouse de Philippe III, le Hardi, mère de naissance à Philippe le Bel. Fille de Jacques Ier, roi d'Aragon.
Marie de Brabant (v. 1254–1321), seconde épouse de Philippe le Hardi. Fille d'Henri III, duc de Brabant.
Jeanne Ire de Navarre (1270–1304), épouse de Philippe le Bel, mère de Louis X le Hutin, de Philippe V le Long, de Charles IV le Bel et d'Isabelle de France, reine d'Angleterre. Fille d'Henri Ier, roi de Navarre et comte de Champagne.
Marguerite de Bourgogne (1290–1315), première épouse de Louis X le Hutin, mère de Jeanne de Navarre, reine de Navarre de 1328 à 1349. Fille de Robert II, duc de Bourgogne et d'Agnès de France.
Clémence de Hongrie (1293-1328), seconde épouse de Louis X le Hutin, mère de Jean Ier le Posthume. Fille de Charles Ier, roi de Hongrie.
Jeanne de Bourgogne (v. 1291-1330), épouse de Philippe V le Long. Fille et héritière d'Othon IV, comte de Bourgogne et de la comtesse Mahaut d'Artois dite Mathilde.
Blanche de Bourgogne (v. 1294-1326), première épouse de Charles IV le Bel. Fille du comte palatin Othon IV de Bourgogne et de la comtesse Mahaut d'Artois. Elle est donc la s½ur de Jeanne de Bourgogne (v. 1291-1330).
Marie de Luxembourg (1305-1324), deuxième épouse de Charles IV le Bel. Fille de l'empereur Henri VII.
Jeanne d'Évreux (1310–1371), troisième épouse de Charles IV le Bel. Fille de Louis de France, comte d'Évreux.


¤ Maison capétienne de Valois (branche issue de Charles de Valois)

Jeanne de Bourgogne (v. 1293 - 1348), épouse de Philippe VI, dit Philippe de Valois. Fille du duc de Bourgogne Robert II.
Blanche de Navarre (1330 - 1398), seconde épouse de Philippe VI. Fille de Jeanne II de Navarre et de Philippe III de Navarre.
Jeanne d'Auvergne (1326 - 1361), seconde épouse de Jean II de France dit Jean le Bon. Fille de Guillaume XII, comte de Boulogne et d'Auvergne.
Jeanne de Bourbon (1337 – 1378), épouse de Charles V, dit Charles le Sage. Mère de Charles VI, elle est la première reine couronnée. Fille de Pierre Ier, duc de Bourbon et d'Isabelle de Valois.
Isabeau de Bavière (1371 – 1435), épouse de Charles VI dit Charles le Bien Aimé et Charles le Fol, mère de Charles VII. Fille d'Étienne III (1337 - † 26 septembre 1413), duc de Bavière.
Marie d'Anjou (1404 – 1463), épouse de Charles VII, dit Charles le Victorieux, mère de Louis XI. Fille de Louis II, duc d'Anjou et roi de Naples.
Charlotte de Savoie (1445 – 1483), seconde épouse de Louis XI, mère de Charles VIII. Fille de Louis Ier, duc de Savoie.
Anne de Bretagne (1477-1514), épouse de Charles VIII. Fille de François II, duc de Bretagne et de Marguerite de Foix. Mariée en premières noces, en 1490, avec Maximilien Ier, archiduc d'Autriche, futur empereur - Mariage par procuration non consommé et annulé en 1491. Mariée en deuxièmes noces, en 1491, avec Charles VIII. Mariée en troisièmes noces, en 1499, avec Louis XII.
Jeanne de France (1464 – 1505), première épouse de Louis XII de France. Fille de Louis XI et de Charlotte de Savoie. Épousée en 1476 contre la volonté du promis (elle était laide et contrefaite), son mariage ne fut prétendument jamais consommé, puis annulé peu après l'accession au trône de son mari. Elle fut titrée duchesse usufruitière de Berry, se retira à Bourges, fondant l'ordre de l'Annonciade, et fut canonisée en 1905 comme sainte Jeanne de France ou sainte Jeanne de Valois.
Marie d'Angleterre (1497 – 1534), troisième épouse de Louis XII. Fille d'Henri VII, roi d'Angleterre. Mariée en secondes noces, en 1515, avec Charles Brandon, duc de Suffolk.
Claude de France (1499 – 1524), première épouse de François Ier, mère de Henri II. Fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne.
Éléonore d'Autriche (1498 – 1558), seconde épouse de François Ier. Fille de Philippe le Beau, roi de Castille et de Jeanne la Folle, reine de Castille et d'Aragon, s½ur de Charles Quint. Mariée en premières noces, en 1518, avec Manuel Ier, roi de Portugal.
Catherine de Médicis (1519 – 1589), épouse de Henri II, mère de François II, de Charles IX, d'Henri III et de Marguerite de France. Fille de Laurent II de Médicis, duc d'Urbin et de Madeleine de la Tour d'Auvergne. Régente du royaume de 1560 à 1564.
Marie Stuart (1542 – 1587), épouse de François II. Fille de Jacques V, roi d'Écosse et de Marie de Guise. Veuve en 1560, elle se remarie avec Lord Darnley, puis avec le Comte de Bothwell. Reine d'Écosse de 1542 à 1567.
Élisabeth d'Autriche (1554 – 1592), épouse de Charles IX. Fille de l'empereur Maximilien II, roi de Germanie, de Bohême et de Hongrie, archiduc souverain d'Autriche.
Louise de Lorraine (1553 – 1601), épouse de Henri III de France. Fille de Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont et duc de Mercoeur et de Marguerite d'Egmont.


¤ Maison capétienne de Bourbon (branche issue des ducs de Bourbon)

Marguerite de France, la reine Margot, (1553 – 1615), première épouse de Henri IV. Fille d'Henri II et de Catherine de Médicis. Son mariage fut annulé en 1599.
Marie de Médicis (1573 – 1642), seconde épouse de Henri IV, mère de Louis XIII le Juste. Fille de François Ier, grand-duc de Toscane. Régente de 1610 à 1614.
Anne d'Autriche (1601 – 1666), épouse de Louis XIII, mère de Louis XIV. Fille de Philippe III, roi des Espagnes et des Indes et de Marguerite d'Autriche (1584-1611). Régente de 1643 à 1651.
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, (1638 – 1683), épouse de Louis XIV. Fille de Philippe IV, roi des Espagnes et des Indes et d'Élisabeth de France.
Marie Leszczyńska (1703 – 1768), épouse de Louis XV. Fille de Stanislas Ier, roi de Pologne puis duc de Lorraine et de Catherine Opalińska.
Marie-Antoinette d'Autriche (1755 – 1793), épouse de Louis XVI. Fille de François Ier, empereur élu des Romains et de la reine Marie-Thérèse de Hongrie et de Bohême, archiduchesse souveraine d'Autriche.


¤ Maison capétienne d'Orléans (branche issue des ducs d'Orléans)

Amélie de Bourbon (1782 – 1866), épouse de Louis-Philippe Ier. Fille du roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles.


Le cas de Madame de Maintenon

_____Le cas de Madame de Maintenon (1635-1719), née Françoise d'Aubigné, est ambigu. Devenu veuf de la reine Marie Thérèse d'Autriche, Louis XIV l'épouse secrètement, sans doute à l'automne 1683 et elle fut pendant 32 ans à côté du roi. Elle n'avait pas la naissance d'une reine, même si son grand-père Théodore Agrippa d'Aubigné était un ami de jeunesse du roi Henri IV, grand-père de Louis XIV. Beaucoup lui refusent le titre de reine auquel elle n'a pas droit puisqu'épouse morganatique, tout en jouissant de certains privilèges de ce rang.

# Posté le vendredi 21 août 2009 05:39

Modifié le mardi 25 août 2009 17:17

Basine de Thuringe

Basine de Thuringe
Image : Visions de Childéric Ier et de la reine Basine. (FR 2813), fol. 7v, Grandes Chroniques de France de Charles V, France, Paris, XIVème siècle, (65 x 65 mm).



____Basine ou Basina ou encore Bazine, (née en 445 - morte en 491), fille de Basin de Thuringe (390-v.462), et de Basine de Saxe (414-?), a été princesse de la ligue des Thuringes, puis reine des Francs saliens.


Biographie

____Elle rencontre Childéric Ier, jeune roi des Francs saliens, lorsque les seigneurs Francs, sensibles aux outrages faits à leurs femmes et lassés par ses agissements lubriques, se liguèrent pour le détrôner et l'obligeant à fuir leur colère. Il se réfugie à la cour de Thuringe pendant huit ans avant de revenir en ses domaines.

____Childéric Ier séduit Basine, la femme du roi de Thuringe, son hôte et son ami.

____À la mort de Basin, le royaume de Thuringe fut partagé entre ses trois fils : Bodevie, Hermanfried et Berthaire. Il s'ensuivit une guerre fratricide. Basine, leur s½ur s'enfuit pour rejoindre Childéric Ier et ils se marient 463. De cette union naîtra Clovis en 466, Lanthilde, Alboflède et Aldoflède.


Légende fondatrice mérovingienne

____Le conditionnel semble indispensable, car ce que nous connaissons de la vie de Basine tient plus de la légende que des certitudes historiques. Il y a bien eu un roi des Thuringes portant le nom de Basin, et il est également certain que la mère de Clovis s'appelait Basine. Mais ont-ils réellement vécu ce que racontent les récits des chroniqueurs, qui semblent basés sur des croyances populaires un peu naïves ? C'est peu vraisemblable.

____Basine aurait, d'après les récits de Grégoire de Tours, de Frédégaire et de l'auteur du « Liber Historiae » (qui écrit au viiie siècle en s'appuyant sur les récits de Grégoire de Tours), rencontré Childéric Ier, roi des Francs saliens.

____Lors de leur nuit de noces, Basine demanda à Childéric de regarder par la fenêtre et de dire ce qu'il voyait.

__Childéric dit : « Je vois un lion avec une licorne et des animaux sujets qui sont très heureux et qui ______respectent le lion. »
__Basine lui répondit : « Retourne à la fenêtre, que vois-tu ? »
__Childéric dit : « Je vois un ours et un léopard et des chacals qui leur mordent les pattes et des sujets ______qui baissent la tête et ne font plus la fête. »
__Basine lui demande : « Que vois-tu maintenant ? »
__Childéric dit : « Je vois des chacals des chiens et des vautours qui se battent et des sujets ______malheureux!»
__Au matin de la nuit de noces, Basine lui révèla la signification des visions qu'il avait eu : « Tu auras un fils, ______il s'appellera Clovis. Il sera puissant, il fera un grand royaume où il sera respecté, où les gens se ______respecteront et seront heureux. Puis viendront ses descendants qui essayeront de maintenir les ______règles mais de mauvaises gens chercheront à leur voler le pouvoir, puis ensuite des chiens, des ______chacals et des vautours cupides se battront pour avoir le pouvoir et les sujets seront ______malheureux.»


# Posté le vendredi 21 août 2009 06:08

Clotilde

Clotilde
Image : Sainte Clotilde prie saint Martin



____Clotilde (ou Clothilde) du germanique Hlod (gloire) et Hild (combat) ou sainte Clotilde fut la deuxième épouse de Clovis, premier roi franc qui se convertit à la foi chrétienne. Elle vécut de 475 à 545 de notre ère. Elle est vénérée comme sainte : l'Église orthodoxe la fête le 3 juin (dies natalis) et l'Église catholique le 4 juin.

____Fille du roi burgonde Chilpéric II, frère de Gondebaud, Chlothilde semble avoir été épargnée du massacre de sa famille orchestré par son oncle paternel dans les environs des années 480/485. Grégoire de Tours, qui rapporte cet évènement, précise en effet que Gondebaud assassina son frère aîné et fit jeter son épouse dans le Rhône avec une pierre attachée au cou, avant de recueillir ses deux nièces Chrona et Chlothilde dans son propre palais. L'anecdote serait ensuite reprise par le Liber Historiae Francorum qui en exagéra la portée tragique et inventa pour l'occasion deux autres fils, décapités par l'oncle régicide.

____Quoi qu'il en soit, Chlothilde reçut à la cour burgonde de Gondebaud une éducation non seulement soignée mais aussi chrétienne, sans doute transmise par la reine chrétienne Carétène que l'on pense épouse de Gondebaud.

____Après avoir été donnée en mariage à Clovis en 492-494, elle l'influença pour l'amener au baptême, selon Grégoire de Tours, et prit même l'audacieuse initiative de faire baptiser ses deux premiers fils contre l'avis de son époux (le premier, Ingomer, devait mourir juste après).

____À la mort de Clovis, Clotilde se retira à Saint-Martin de Tours mais continua vraisemblablement à influencer ses trois fils : Clodomir, Childebert et Clotaire.

____Femme politique, elle les amena à monter une expédition contre le royaume burgonde des fils de Gondebaud, vraisemblablement pour venger ses parents assasinés (du moins selon Grégoire de Tours). Suite à cette guerre, son fils Clodomir fut tué à la bataille de Vézeronce. Elle tenta de protéger les trois fils de Clodomir, mais ne put sauver que Clodoald, le futur saint Cloud, tandis que les deux autres étaient massacrés par leurs oncles.

____Pour secourir sa fille envoyée en Espagne dès 511 (et également nommée Clotilde), elle poussa Childebert à attaquer le mari de celle-ci, le roi wisigoth Amalaric qui la maltraitait. À Tours, elle imposa des évêques burgondes réfugiés auprès d'elle.

____Par ailleurs très pieuse, elle fit ériger un monastère (aux Andelys), agrandir Saint-Pierre de Reims, reconstruire les Saints-Apôtres de Rouen et fut associée à la construction de la basilique des Saints-Apôtres à Paris, la nouvelle capitale du royaume.

____Elle termina ses jours dans la piété, auprès du tombeau de saint Martin, à Tours où elle mourut, le 3 juin 545. Elle fut enterrée à Paris aux côtés de son époux Clovis, dans le Monastère des Saints-Apôtres devenu l'Abbaye Sainte-Geneviève (actuel lycée Henri-IV).


Remarque

____Depuis 1995 l'Aviation légère de l'armée de terre a choisi Sainte Clotilde pour patronne. C'est en effet à ses prières que Clovis dut d'être victorieux à Tolbiac en « submergeant l'ennemi sous le feu du ciel », ce qui est précisément aujourd'hui la fonction des hélicoptères de combat de l'armée française.

# Posté le vendredi 21 août 2009 06:12

Marie-Antoinette d'Autriche

Marie-Antoinette d'Autriche
Image : Marie-Antoinette, par Mme Vigée-Lebrun en 1783.



____Maria Antonia Josepha Johanna de Habsbourg-Lorraine, plus connue sous le nom de Marie-Antoinette d'Autriche ou Marie-Antoinette de France (Vienne, 2 novembre 1755 – morte guillotinée à Paris, le 16 octobre 1793), était archiduchesse d'Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, dauphine de France, reine de France et de Navarre (1774–1793), épouse de Louis XVI de Bourbon, roi de France. Elle était la s½ur de Joseph II d'Autriche et de Léopold II d'Autriche. Elle fut surnommée l'Autrichienne dès son arrivée en France et, plus tard, Madame Déficit.


La jeunesse

À Vienne

____Marie-Antoinette est le quinzième et avant-dernier enfant de l'empereur François Ier de Lorraine et de l'impératrice d'Autriche Marie-Thérèse, au milieu de leurs cinq fils (Joseph l'héritier du trône, Léopold, Charles, Ferdinand et Maximilien) et de leurs huit filles (Marie-Anne, Marie-Christine, Marie-Elisabeth, Marie-Amélie, Marie-Jeanne, Jeanne-Gabrielle, Marie-Josèphe, Marie-Caroline).

____Elle naît le 2 novembre 1755, au palais de la Hofburg, à Vienne, au lendemain du tremblement de terre de Lisbonne dont le pays est gouverné par son parrain et sa marraine. Elle est baptisée sous les prénoms Maria Antonia Josepha Johanna. Elle est aussitôt confiée aux « ayas », les gouvernantes de la famille royale (Mme de Brandeiss, puis la sévère Mme de Lerchenfeld) et partage son enfance entre le palais de la Hofburg à Vienne et le château de Schönbrunn. Marie-Antoinette reçoit une éducation où le maintien, la danse, la musique et le paraître occupent l'essentiel de son temps et ne bénéficie d'aucune instruction politique. À 10 ans, elle a du mal à lire ainsi qu'à écrire en allemand, parle peu et difficilement le français auquel elle préfère l'allemand, et très peu l'italien – trois langues qui étaient alors parlées couramment dans la famille impériale. Elle apprend aussi quelques rudiments de latin. À cette époque, la cour d'Autriche possède une étiquette beaucoup moins stricte que celle de Versailles, les danses y sont moins complexes, le luxe y est moindre et la foule moins nombreuse. La jeune Maria Antonia Josepha est très proche de sa plus jeune s½ur aînée, Marie-Caroline, qui deviendra reine de Naples en épousant Ferdinand Ier des Deux-Siciles. La légende veut aussi que la jeune Marie-Antoinette ait rencontré l'enfant prodige Mozart à cette cour, et qu'il l'aurait demandée en mariage.

____Sa mère Marie-Thérèse, comme tous les souverains de l'époque, met le mariage de ses enfants au service de sa politique qui est de réconcilier les Habsbourg et les Bourbons pour faire face aux ambitions de la Prusse et de l' Angleterre. Ainsi, parmi les s½urs aînées de Marie-Antoinette, si Marie-Christine, l'enfant préférée de l'impératrice (1742-1798), épouse par amour en 1766 Albert de Saxe, créé duc de Teschen (1738-1822), et sera nommée avec lui régente des Pays Bas, Marie-Amélie (1746-1804) épouse Ferdinand Ier, duc de Parme (1751-1802) et Marie-Caroline (1752-1814) épouse en 1768 Ferdinand Ier, le roi de Naples et des Deux-Siciles (1751-1825).

____Le mariage entre le dauphin, le futur Louis XVI, et Marie-Antoinette doit être l'apothéose de cette politique.

____Marie-Antoinette quitte Vienne en avril 1770, à l'âge de quatorze ans. Selon l'usage, au moment de quitter le Saint Empire tous ses biens venant de son pays d'origine, même ses vêtements, lui seront retirés dans un bâtiment construit tout exprès sur l'Île aux Épis, au milieu du Rhin, en face de la ville de Kehl. Les deux entrées de ce bâtiment étaient disposées de telle manière qu'elle y entre du côté autrichien et en ressorte en France.

____Marie-Antoinette ira ensuite attendre la cérémonie de son mariage au Château de la Muette, dont le dauphin, avait pris possession en 1764.

Dauphine

____Le 17 avril 1770, Marie-Antoinette renonce officiellement à ses droits sur les couronnes dépendant de la maison d'Autriche et, le 16 mai 1770, épouse le dauphin à Versailles. Le jour même des noces, un scandale d'étiquette a lieu : les princesses de Lorraine, arguant de leur parenté avec la nouvelle dauphine, ont obtenu de danser avant les duchesses, au grand dam du reste de la noblesse, qui murmure déjà contre « l'Autrichienne ». Le soir du 30 mai 1770, où l'on fête place Louis XV, à Paris, le mariage princier, une bousculade mortelle a lieu, conduisant à plusieurs centaines de morts (131 selon les chiffres officiels, mais en réalité davantage).

____La jeune fille, au physique agréable quoique pas complètement développé, est assez petite et ne possède pas encore la « gorge » si appréciée en France. La jeune dauphine a néanmoins beaucoup de grâce et une légèreté presque dansante dans sa façon de se mouvoir. Archiduchesse d'Autriche, arrière-petite nièce de Louis XIV, par sa grand-mère paternelle Élisabeth Charlotte d'Orléans duchesse de Lorraine et de Bar, objet vivant du "renversement des alliances" du roi Louis XV, elle attire dès son arrivée l'inimitié d'une partie de la cour. De plus, la jeune dauphine a du mal à s'habituer à sa nouvelle vie, son esprit se plie mal à la complexité et à la rouerie de la « vieille cour », au libertinage du roi Louis XV et de sa maîtresse la comtesse du Barry. Son mari l'aime mais l'évite, partant très tôt chasser, elle peine à s'habituer au cérémonial français, au manque d'intimité et subit péniblement « l'étiquette », rigide mode d'emploi de la cour.

____Elle est manipulée par Mesdames Tantes, les filles du roi Louis XV, qui lui enseignent l'aversion pour la comtesse du Barry, ce qui agace Louis XV. Par ailleurs, Marie-Antoinette s'en fera bientôt une ennemie : pendant les premiers temps, elle refuse de lui parler mais, forcée par Louis XV, finit par adresser la parole à la comtesse. Marie-Antoinette ressortira humiliée de cet incident. En outre, Vienne tente de la manipuler par le biais de la volumineuse correspondance qu'entretient sa mère avec le comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur d'Autriche à Paris. Ce dernier est le seul sur lequel elle peut compter, car le duc de Choiseul, celui qui avait permis le rapprochement de la France avec l'Autriche, est tombé en disgrâce moins d'un an après le mariage, victime d'une cabale montée par Mme du Barry. Cette fameuse correspondance secrète de Mercy-Argenteau est une source d'information formidable sur tous les détails de la vie de Marie-Antoinette depuis son mariage en 1770 jusqu'au décès de Marie Thérèse Ire en 1780. Selon l'auteur du livre regroupant cette correspondance :

____« Ces documents originaux ne se contentent pas de nous introduire dans son intimité, ils nous révèlent aussi comment Marie-Antoinette, dépourvue d'expérience et dénuée de culture politique, fut manipulée par sa famille autrichienne à laquelle elle demeura toujours attachée ».


Reine de France

____Louis XV meurt le 10 mai 1774 et Marie-Antoinette devient reine de France et de Navarre à 18 ans. Toujours sans héritier à offrir à la France et toujours considérée comme une étrangère, la reine devient, dès l'été 1777, la cible de premières chansons hostiles qui circulent de Paris jusqu'à Versailles. S'entourant d'une petite cour d'amis vite qualifiés de favoris (la princesse de Lamballe, le duc de Lauzun, le baron de Besenval, le duc de Coigny puis la comtesse de Polignac), elle suscite les jalousies des autres courtisans. Ses toilettes et les fêtes coûteuses qu'elle organise profitent au rayonnement de la France, notamment en matière de mode et du commerce du textile, mais sont, malgré tout, critiquées, bien qu'elles soient une « goutte d'eau » dans les dépenses générales du fonctionnement de la cour, des administrations, ou comparées au niveau de vie de certains princes de sang ou seigneurs menant grand train.

____Pour retrouver à Versailles ce qu'elle a connu à Vienne — une vie plus détendue en famille avec ses amis, elle part souvent avec quelques priviliégiés pour le Petit Trianon (construit par Louis XV sous l'impulsion de sa maîtresse, Madame de Pompadour, qui décèdera avant que celui-ci ne soit terminé, puis que Louis XVI offrit à Marie-Antoinette). Elle fait construire un village modèle, le Hameau de la Reine, et y installe des fermiers. Dans son petit théâtre, elle joue notamment Le Barbier de Séville de Beaumarchais et tient souvent des rôles de servante devant un Louis XVI amusé. Par son désir de plaisirs simples et d'amitiés exclusives, Marie-Antoinette va vite se faire de plus en plus d'ennemis, même à la cour de Versailles.

Vie à la cour

____Elle tente d'influencer la politique du roi, de faire et défaire les ministres, toujours sur les conseils intéressés de ses amis. Mais, contrairement à la rumeur, son rôle politique s'avèrera extrêmement limité. Le baron Pichler, secrétaire de Marie-Thérèse Ire, résume poliment l'opinion générale en écrivant :

____« Elle ne veut être ni gouvernée ni dirigée, ni même guidée par qui que ce soit. C'est le point sur lequel toutes ses réflexions paraissent jusqu'à présent s'être concentrées. Hors de là, elle ne réfléchit encore guère, et l'usage qu'elle a fait jusqu'ici de son indépendance le prouve assez, puisqu'il n'a porté que sur des objets d'amusement et de frivolité. »

____Une véritable coterie se monte contre elle dès son accession au trône, des pamphlets circulent, on l'accuse d'avoir des amants (le comte d'Artois son beau-frère, le comte suédois Hans Axel de Fersen) ou même des maîtresses (la duchesse de Polignac), de dilapider l'argent public en frivolités ou pour ses favoris, de faire le jeu de l'Autriche, désormais dirigée par son frère Joseph II. Le château de Versailles se dépeuple, fui par des courtisans aigris ou préférant les plaisirs de Paris.

____Le 19 décembre 1778, Marie-Antoinette accouche de son premier enfant, Marie-Thérèse, dite « Madame Royale ». Le 22 octobre 1781, c'est le tour d'un dauphin, Louis Joseph Xavier François. Mais cela ne sert pas forcément Marie-Antoinette, car les libelles ont vite fait d'accuser l'enfant de n'être pas de Louis XVI. Le 27 mars 1785, elle accouche d'un second garçon, Louis-Charles, titré duc de Normandie. En 1786 naîtra la petite Sophie-Béatrice, qui mourra en 1787 à 11 mois.

L'affaire du Collier

____En juillet 1785, éclate l'« affaire du Collier » : les joailliers Bohmer et Bassange réclament à la reine 1,5 million de livres pour l'achat d'un collier de diamants dont le cardinal de Rohan a mené les tractations, au nom de la reine. La reine ignore tout de cette histoire et, quand le scandale éclate, le roi exige que le nom de sa femme soit lavé de l'affront. Le cardinal est arrêté en pleine journée dans la Galerie des Glaces, sous les yeux des nombreux courtisans. Le roi confie l'affaire au Parlement, l'affaire est jugée par Étienne François d'Aligre, qui conclut à la culpabilité du couple d'aventuriers à l'origine de l'affaire, les prétendus « comte et comtesse de la Motte » et disculpe le cardinal de Rohan et le comte de Cagliostro, abusés mais innocents.

____Le cardinal de Rohan, aussi innocent que la Reine dans cette affaire, s'est laissé manipuler par « Madame de La Motte », mais ceci ne serait pas arrivé si Marie-Antoinette avait accordé au Cardinal les faveurs qu'il recherchait depuis son entrée en Cour. En effet, le Cardinal, frivole et volubile, est ignoré par la Reine depuis qu'il a occupé le poste d'ambassadeur de France à la Cour d'Autriche, des années plus tôt. Lorsque « Madame de la Motte », qui se dit amie et cousine de Marie-Antoinette, lui confie les tractations avec le bijoutier, le Cardinal demande des preuves et on va jusqu'à lui présenter une fausse Marie-Antoinette (en réalité une comédienne nommée Rosalie qui ressemblait à s'y méprendre à la reine) un soir dans le parc de Versailles et inventer une fausse correspondance ; le naïf mais néanmoins ambitieux Cardinal accepte donc sa mission avec zèle, clamant à qui voulait l'entendre qu'il était enfin devenu "intime" de Sa Majesté.

____La reine, bien qu'innocente, sort de l'affaire du collier grandement déconsidérée auprès du peuple. Non seulement l'affront ne fut pas lavé, mais il généra une réelle campagne de désinformation étendue à tout le royaume. C'est à la même époque qu'est largement diffusée une littérature notoirement diffamante à propos des amours de la reine et du roi. Parmi ces représentations, une fut très populaire : Les Amours de Charlot et Toinette, caricatures du couple royal,1789, un succès de librairie.

____Marie-Antoinette se rend enfin compte de son impopularité et tente de réduire ses dépenses, notamment en réformant sa maison, ce qui déclenche plutôt de nouveaux éclats quand ses favoris se voient privés de leurs charges. Rien n'y fait, les critiques continuent, la reine gagne le surnom de « Madame Déficit » et on l'accuse de tous les maux, notamment d'être à l'origine de la politique anti-parlementaire de Louis XVI.


La Révolution

1789

____Le 5 mai 1789 s'ouvrent les États généraux. Lors de la messe d'ouverture, Mgr de La Fare, qui est à la chaire, attaque Marie-Antoinette à mots à peine couverts, dénonçant le luxe effréné de la cour et ceux qui, blasés par ce luxe, cherchent le plaisir dans « une imitation puérile de la nature » (rapporté par Adrien Duquesnoy, Journal sur l'Assemblée constituante), allusion évidente au Petit Trianon.

____Le 9 juin, le petit dauphin meurt. Pour éviter la dépense, on sacrifie le cérémonial de Saint-Denis. L'actualité politique ne permet pas à la famille royale de faire son deuil convenablement. Bouleversée par cet événement, et désorientée par le tour que prennent les États généraux, Marie-Antoinette se laisse convaincre par l'idée d'une contre-révolution. En juillet, Necker démissionne. Le peuple interprète cette démission comme un renvoi de la part du roi. La reine brûle ses papiers et rassemble ses diamants, elle veut convaincre le roi de quitter Versailles pour une place-forte sûre, loin de Paris. Il faut dire que, depuis le 14 juillet, un livre de proscription circule dans Paris. Les favoris de la reine y sont en bonne place, et la tête de la reine elle-même est mise à prix. On l'accuse de vouloir faire sauter l'Assemblée avec une mine, et de vouloir faire donner la troupe sur Paris, ce qui est évidemment faux. Il est néanmoins vrai que la Reine prônera l'autorité et restera toujours ancrée dans la conviction de la légitimité du pouvoir royal, dont la diminution la révolte.

____Le 1er octobre, un nouveau scandale éclate : lors d'un banquet donné par les gardes du corps de la Maison militaire, au régiment de Flandre qui vient d'arriver à Paris, la reine est acclamée, des cocardes blanches sont arborées, et selon la presse révolutionnaire des cocardes tricolores auraient été foulées. Paris est outré par ces manifestations contre-révolutionnaires, et par la tenue d'un banquet alors que le pain manque. Le 5 octobre, une manifestation de femmes marche sur Versailles, réclamant du pain, disant aller chercher « le boulanger » (le roi), « la boulangère » (la reine) et le « petit mitron » (le dauphin). De nombreux hommes armés se sont glissés dans le cortège. C'est alors qu'on attribue à Marie-Antoinette une boutade cynique : « S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! ». On lui a attribué cette phrase en 1789 alors qu'elle figure dans le Livre VI des Confessions de Jean-Jacques Rousseau publiées en 1782.

____Le roi, revenu de la chasse, oscille entre plusieurs options, notamment le départ de Versailles vers le château de Rambouillet, le blocage des insurgés avant leur arrivée à Versailles qu'il refuse pour ne pas risquer de faire couler du sang ou encore la simple attente. Après une certaine confusion, la famille royale reste à Versailles et le roi reçoit une délégation de femmes. En soirée La Fayette arrive avec la garde nationale et répond de la sécurité du roi. La famille royale part se coucher. Au petit matin, des émeutiers armés de piques et de couteaux pénètrent dans le château, tuent deux gardes du corps et menacent la famille royale. La reine notamment échappe de peu aux assaillants qui envahissent sa chambre et doit plus tard se montrer seule au balcon de la cour de marbre devant une foule armée. Personne finalement ne lui tire dessus mais la famille royale est alors contrainte de se rendre à Paris, escortée par les troupes du marquis de La Fayette et les émeutiers. Sur le trajet, on menace la reine, lui montrant une corde et lui promettant un réverbère de la capitale pour la pendre.

La monarchie constitutionnelle

____Le 10 octobre, Louis XVI prend le titre de « Roi des Français ». Avec Marie-Antoinette, ils se seraient résolus à demander de l'aide aux souverains étrangers, le roi d'Espagne Charles IV et Joseph II, frère de la reine. Mais le roi d'Espagne répond évasivement et le 20 février 1790, Joseph II meurt. Des doutes et des controverses entre historiens subsistent sur ce possible appel à l'étranger. La Fayette suggère froidement à la reine le divorce. D'autres parlent à mots à peine couverts d'un procès en adultère, et de prendre la reine en flagrant délit avec le comte de Fersen.

____Breteuil propose alors, fin 1790, un plan d'évasion. L'idée est de quitter les Tuileries et de gagner la place-forte de Montmédy, proche de la frontière. La reine est de plus en plus seule, surtout depuis qu'en octobre 1790 Mercy-Argenteau a quitté la France pour sa nouvelle ambassade aux Pays-Bas et que Léopold II, le nouvel empereur, un autre de ses frères, élude ses demandes d'aide, car, monarque philosophe, il pousse au contraire sa s½ur à jouer le jeu de la nouvelle Constitution. Le 7 mars, une lettre de Mercy-Argenteau à la reine est interceptée et portée devant la Commune. C'est le scandale, une preuve, pense-t-on, du « comité autrichien », des tractations de la reine pour vendre la patrie à l'Autriche.

____Le 20 juin 1791 débute la maladroite tentative d'évasion, stoppée le lendemain par l'arrestation à Varennes-en-Argonne. Très vite, Paris s'aperçoit de la fuite, laquelle avait été organisée par Axel de Fersen. Toutefois, La Fayette réussit à faire croire que le roi a été enlevé par des contre-révolutionnaires. L'explication varie selon les historiens : pour certains il cherchait à protéger les fugitifs, pour d'autres il cherchait simplement un motif juridique valable pour les arrêter. La famille royale, hors de Paris, ne se cache plus guère. Leur berline a plus de trois heures de retard et quand elle arrive au premier rendez-vous, au relais de Pont-de-Somme-Vesle, les troupes promises sont reparties, pensant que le roi a changé d'avis. Peu avant midi, la berline est arrêtée à Varennes-en-Argonne. Le maître de poste du relais précédent Jean-Baptiste Drouet, à Sainte-Menehould, a reconnu le roi. Il y a un moment d'hésitation, personne ne sachant que faire et, pendant ce temps, la foule accourt à Varennes. Finalement, la famille royale, sous les menaces et dans un climat de violence sourde, est ramenée à Paris.

Après Varennes

____Interrogé à Paris par une délégation de l'Assemblée constituante, Louis XVI répond évasivement. Ces réponses, rendues publiques, suscitent le scandale, et certains révolutionnaires réclament la déchéance du roi. Marie-Antoinette, elle, correspond secrètement avec Barnave, Duport et Lameth qui veulent convaincre le roi d'accepter son rôle de monarque constitutionnel. Mais elle joue là un double jeu car elle espère seulement "les endormir et [...] leur donner confiance [...] pour les mieux déjouer après" (lettre de la Reine à Mercy).Elle écrit même à Fersen ces mots "quel bonheur si je puis un jour redevenir assez puissante pour prouver à tous ces gueux que je n'étais pas leur dupe". Le 13 septembre, Louis XVI accepte la Constitution. Le 30, l'Assemblée constituante se dissout et est remplacée par l'Assemblée législative, cependant que des bruits de guerre avec les monarchies alentour, au premier rang desquelles l'Autriche, se font plus pressants. Le peuple est alors monté contre Marie-Antoinette, toujours appelée « l'Autrichienne ». Les pamphlets et journaux révolutionnaires la traitent de « monstre femelle » ou encore de « Madame Véto », et on l'accuse de vouloir faire baigner la capitale dans le sang. En avril 1792, la France déclare la guerre à la Prusse et elle subit dans un premier temps de sérieux revers. Le 3 août 1792, le manifeste de Brunswick, largement inspiré par de Fersen, achève d'enflammer une partie de la population.

____Le 10 août, c'est l'insurrection. Les Tuileries sont prises d'assaut, les gardes massacrés, le roi et sa famille doivent se réfugier à l'Assemblée, qui vote sa suspension provisoire et leur internement au couvent des Feuillants. Le lendemain, la famille royale est finalement transférée à la prison du Temple. Pendant les massacres de septembre, la princesse de Lamballe, proche amie de la reine et victime symbolique, est sauvagement assassinée, démembrée, et sa tête est brandie au bout d'une pique devant les fenêtres de Marie-Antoinette pendant que divers morceaux de son corps sont brandis en trophée dans Paris. Peu après, la Convention déclare la famille royale otage. Début décembre, a lieu la découverte officielle de l'« armoire de fer » dans laquelle Louis XVI cachait ses papiers secrets et dont l'existence est aujourd'hui sujette à débats. Le procès est désormais inévitable.

____Le 26 décembre, la Convention vote la mort avec une majorité étroite. Louis XVI est exécuté le 21 janvier 1793. Le 27 mars, Robespierre évoque le sort de la reine pour la première fois devant la Convention. Le 13 juillet, le dauphin est enlevé à sa mère et confié au savetier Simon. Le 2 août, c'est Marie-Antoinette qui est séparée des princesses (sa fille Madame Royale et sa belle-s½ur madame Elisabeth) et est conduite à la Conciergerie. Lors du transfert, alors qu'elle s'est violemment cognée la tête, elle répond à ses geôliers qui s'en inquiètent son fameux « Rien à présent ne peut plus me faire de mal ». Son interrogatoire commence le lendemain.

Le procès

____Le 3 octobre 1793, Marie-Antoinette comparaît devant le Tribunal révolutionnaire, mené par l'accusateur public Fouquier-Tinville. Si le procès de Louis XVI avait conservé quelques formes de procès équitable, ce n'est pas le cas de celui de la reine. Le dossier est monté très rapidement, il est incomplet, Fouquier-Tinville n'ayant pas réussi à retrouver toutes les pièces de celui de Louis XVI. Pour charger l'accusation, il parle de faire témoigner le dauphin contre sa mère qui est alors accusée d'inceste par Jacques-René Hébert. Il déclare que la reine et Mme Elisabeth ont eu des attouchements sur le jeune Louis XVII. Marie-Antoinette ne répond rien et un juré en fait la remarque. Marie-Antoinette se lève et répond « Si je n'ai pas répondu c'est que la nature elle-même refuse de répondre à une telle accusation faite à une mère. J'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici ! ». Pour la dernière fois, la foule (et surtout les femmes) applaudit la reine. Une fois la séance terminée, celle-ci demande à son avocat « N'ai je pas mis trop de dignité dans ma réponse ? », une personne dans la foule dit « elle a répondu comme un ange, on ne fera que la déporter ».

____On l'accuse également d'entente avec les puissances étrangères. Comme la reine nie, Herman, président du Tribunal, l'accuse d'être « l'instigatrice principale de la trahison de Louis Capet » : c'est donc bien un procès pour haute trahison. Le préambule de l'acte d'accusation déclare également :

____« Examen fait de toutes les pièces transmises par l'accusateur public, il en résulte qu'à l'instar des Messalines Frédégonde et Médicis, que l'on qualifiait autrefois de reines de France et dont les noms à jamais odieux ne s'effaceront pas des fastes de l'histoire, Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, a été, depuis son séjour en France, le fléau et la sangsue des Français. »

____Il ajoute "la cause des troubles qui agitent depuis quatre ans la nation et ont fait tant de malheureuses victimes."

____Les dépositions des témoins à charge s'avèrent bien peu convaincantes. Marie-Antoinette répond qu'elle n'était « que la femme de Louis XVI, et qu'il fallait bien qu'elle se conform[ât] à ses volontés ». Fouquier-Tinville réclame la mort et fait de l'accusée « l'ennemie déclarée de la nation française ». Les deux avocats de Marie-Antoinette, Tronçon-Ducoudray et Chauveau-Lagarde, jeunes, inexpérimentés et n'ayant pas eu connaissance du dossier, ne peuvent que lire à haute voix les quelques notes qu'ils ont eu le temps de prendre.

____Quatre questions sont posées au jury :

____« 1. Est-il constant qu'il ait existé des man½uvres et des intelligences avec les puissances étrangères et autres ennemis extérieurs de la République, lesdites man½uvres et des intelligences tendant à leur fournir des secours en argent, à leur donner l'entrée du territoire français et à leur faciliter le progrès de leurs armes ?
____2. Marie-Antoinette d'Autriche (...) est-elle convaincue d'avoir coopéré à ces man½uvres et d'avoir entretenu ces intelligences ?
____3. Est-il constant qu'il ait existé un complot et une conspiration tendant à allumer la guerre civile à l'intérieur de la République ?
____4. Marie-Antoinette est-elle convaincue d'avoir participé à ce complot et à cette conspiration ?
»

____Aux quatre questions, le jury répond « oui ».

____Lorsque le jury rend son verdict, il n'existe aucune preuve de l'accusation de haute trahison que l'on impute à la reine. Le dossier est vide de toute pièce.

____Techniquement, au vu des pièces du procès, il est vrai que la condamnation n'est pas basée sur des faits avérés. On l'apprit plus tard, Marie-Antoinette communiqua des directives militaires confidentielles à l'Autriche dans le but de sauver sa famille, mais aussi "pour qu'enfin on se venge de tous les outrages qu'on reçoit dans ce pays-ci" (lettre de la Reine à Mercy). Mais la preuve de ceci ne sera découverte que bien plus tard.

____En réalité, il fallait condamner la « veuve Capet ». Robespierre a donc intégré au jury le médecin qui soignait la reine à la Conciergerie, lequel a indiqué aux autres jurés que de toutes façons Marie-Antoinette était médicalement condamnée (elle avait de forts épanchements sanguins) à brève échéance.


La mort

Exécution

____La condamnation à mort, pour haute trahison, est prononcée le 16 octobre 1793 vers 4 heures du matin et Marie-Antoinette est exécutée le même jour vers midi. À l'annonce de la sentence, Marie-Antoinette rédige son testament, à l'attention de Madame Élisabeth, s½ur de feu roi Louis XVI :

____« Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère ».

____Elle termine son testament par ces mots:

____"Mon dieu ayez pitié de moi! Mes yeux n'ont plus de larmes pour pleurer pour vous mes pauvres enfants. Adieu, Adieu!"

_________Marie Antoinette


____Madame Élisabeth ne lira jamais ce testament.

____Le matin du 16 octobre, elle est menée mains liées sur une charrette — Louis XVI avait eu droit à un carrosse, de la Conciergerie jusqu'à la place de la Révolution (ancienne place Louis XV, actuelle place de la Concorde). D'après ses historiens, elle subit avec dignité les sarcasmes et les insultes lancés par la foule massée sur son passage (elle mettra une heure pour traverser la place et monter à l'échafaud). Le peintre et révolutionnaire Jacques-Louis David, assistant au spectacle, en dessine un croquis resté légendaire. Selon ces mêmes historiens, c'est avec courage qu'elle monte à l'échafaud. En marchant sur le pied du bourreau Sanson, elle lui aurait demandé pardon. Ce seront ses dernières paroles.

Inhumation

____Tout comme pour Louis XVI, il a été ordonné que les bières des membres de la monarchie soient recouverts de chaux. Marie-Antoinette est inhumée avec la tête entre les jambes dans la fosse commune de la Madeleine, rue d'Anjou-Saint-Honoré (Louis XVIII fera élever à cet endroit la chapelle expiatoire située de nos jours Square Louis XVI, seul endroit de Paris portant le nom du roi). Ses restes et ceux de Louis XVI furent exhumés le 18 janvier 1815 et transportés le 21 à Saint-Denis.

____« Le premier crime de la Révolution fut la mort du Roi, mais le plus affreux fut la mort de la Reine » dit Chateaubriand.

____Et Napoléon a dit de son côté : « La mort de la Reine fut un crime pire que le régicide »

# Posté le vendredi 21 août 2009 14:11

Modifié le dimanche 23 août 2009 07:28

Marguerite de France

Marguerite de France
Image : Marguerite de Valois (vers 1573) par François Clouet



____Marguerite de France ou Marguerite de Valois - surnommée « la reine Margot » au xixe siècle - est une princesse française de la branche dite de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne, née le 14 mai 1553 et morte le 27 mars 1615 (27 mai 1615).

____Par son mariage avec le roi Henri de Navarre (futur roi de France Henri IV), elle devint reine de Navarre.


La jeunesse d'une princesse

____Née au château de Saint-Germain-en-Laye, elle est le septième enfant de Henri II et de Catherine de Médicis. Trois de ses frères sont devenus rois de France : François II, Charles IX et Henri III. L'une de ses s½urs, Élisabeth de France, fut la troisième épouse du roi Philippe II d'Espagne; l'autre, Claude de France, fut la femme du duc Charles III de Lorraine.

____Elle a peu l'occasion de connaître son père, mortellement blessé lors d'un tournoi en 1559. Avec sa mère, elle entretient des rapports distants, éprouvant pour elle un mélange d'admiration et de crainte. Elle est principalement élevée avec ses frères Alexandre, duc d'Anjou (le futur Henri III) et le dernier-né Hercule (ensuite renommé François), duc d'Alençon puisque ses s½urs partent en 1559 se marier à l'étranger. Lorsque Charles IX monte sur le trône à la mort de François II en 1560, elle vit à la cour de France au côté de ses deux frères aînés, ainsi que du jeune Henri de Navarre. Elle est présente aux États généraux de 1560 au côté de Renée de France, duchesse de Ferrare. Elle accompagne également le roi durant son grand tour de France de 1564 à 1566.

____Elle entretient d'abord d'excellents rapports avec ses frères (à tel point que des rumeurs feront par la suite état de relations incestueuses avec Henri et François, voire Charles). C'est ainsi que lorsqu'Henri part en 1568 prendre le commandement des armées royales, il confie à sa s½ur la défense de ses intérêts auprès de leur mère. Ravie de cette mission, elle s'en acquitte consciencieusement mais, à son retour, il ne lui en témoigne aucune gratitude. C'est du moins ce qu'elle raconte dans ses mémoires.

____Entre-temps, une idylle est née entre la princesse et Henri, duc de Guise, l'ambitieux chef de file des catholiques intransigeants. Les Guise étant partisans d'une monarchie placée sous la tutelle des Grands et préconisant des mesures radicales contre les protestants (soit l'opposé de ce que souhaitent les Valois), une union est absolument inenvisageable. La réaction de la famille royale est donc très violente, d'autant que des négociations matrimoniales sont en cours. Cet épisode est peut-être à l'origine de la « haine fraternelle durable » (J. Garrisson) qui s'établit entre Marguerite et son frère Henri, ainsi que du refroidissement, non moins durable, des relations avec sa mère.

____Le duc de Guise est le premier d'une longue série d'amants prêtés à Marguerite. Il est vrai que la princesse a reçu une éducation soignée et possède toutes les qualités pour briller à la cour, à commencer par son éclatante beauté (« S'il y en eust jamais une au monde parfaicte en beauté, c'est la royne de Navarre », écrira Brantôme). Toutefois, il est difficile de faire la part de vérité et de la rumeur parmi les liaisons qu'on lui prête. Comme pour les autres membres de sa famille (notamment sa mère et son frère Henri), les ragots circulant sur son compte ont été particulièrement nombreux. Parmi ces prétendues aventures, certaines sont sans fondement (telles les relations incestueuses avec ses frères), d'autres simplement


Un mariage politique

____À la fin des années 1560, Catherine de Médicis propose sa fille en mariage au fils de Philippe II d'Espagne, l'infant Charles, mais le mariage ne se fait pas. De sérieuses négociations ont aussi lieu pour marier Marguerite au roi du Portugal Sébastien Ier, mais elles sont aussi abandonnées.

____Resurgit donc l'idée, déjà évoquée par Henri II, d'une union avec le jeune chef du parti protestant, Henri de Navarre. Héritier présomptif de la couronne après les fils de France (mais la perspective d'une accession au trône de France est alors très lointaine), Henri est aussi l'héritier de vastes possessions dans le Sud-Ouest. Cette union a surtout pour objectif la réconciliation entre catholiques et protestants à la suite de la troisième guerre de religion.

____Des négociations s'engagent entre Catherine de Médicis et la mère d'Henri, la très huguenote reine de Navarre Jeanne d'Albret. Les discussions sont longues et difficiles. Jeanne d'Albret se méfie de la reine mère, et exige au préalable la conversion de Marguerite au protestantisme. Mais elle doit céder face à l'entêtement de la princesse à conserver sa religion et finit, sous la pression du parti protestant, par donner son consentement, non sans avoir obtenu pour sa future belle-fille une dot considérable. Elle meurt peu après, Henri devenant roi de Navarre. Quant à Marguerite, ce n'est que sous la contrainte de sa mère et de Charles IX et non sans réticences qu'elle consent à épouser le souverain hérétique d'un résidu de royaume.

____Sans attendre la dispense pontificale requise en raison de la différence de religion et du cousinage des futurs époux (tous deux sont les arrière-petits-enfants de Charles d'Angoulême), l' « union exécrable » (selon les termes du général des jésuites) est célébrée le 18 août 1572. Le déroulement des noces a été réglé de façon à satisfaire les protestants, venus nombreux assister au mariage de leur chef : la bénédiction nuptiale a lieu devant le parvis de Notre-Dame de Paris, leur évitant ainsi d'assister à la messe ; et elle est donnée par le cardinal de Bourbon en qualité d'oncle d'Henri et non de prêtre.

____Les noces sont suivies de trois jours de fêtes somptueuses.


La Saint-Barthélemy et le début des intrigues

____L'entente entre catholiques et réformés dure peu. Quelques jours seulement après les noces a lieu l'attentat manqué contre l'amiral de Coligny, l'un des chefs du parti huguenot. Le surlendemain, 24 août, jour de la Saint-Barthélemy, les protestants sont massacrés jusqu'à l'intérieur du Louvre (un gentilhomme gravement blessé trouve même refuge dans la chambre de Marguerite). La proximité du massacre a valu au mariage le surnom de « noces vermeilles ». Il n'est alors plus question de conciliation et la dissolution du mariage pourrait être prononcée, mais Marguerite choisit de faire preuve de loyauté envers son mari. Sous la pression, Henri accepte alors d'abjurer le protestantisme.

____En 1574, alors que Charles IX se meurt, protestants et catholiques modérés (surnommés les Malcontents, ils préconisent la modération de l'État dans les affaires religieuses) préparent un complot pour s'emparer du pouvoir. Ils ont à leur tête François d'Alençon, allié à Henri de Navarre. Mais la conspiration est déjouée, et deux complices sont arrêtés et décapités. L'un d'eux est Joseph Boniface de la Môle, prétendu amant de Marguerite (et héros de La Reine Margot d'Alexandre Dumas). Après l'échec de la conjuration, Alençon et Navarre sont retenus prisonniers au château de Vincennes (elle rédige une plaidoirie, le Mémoire justificatif pour Henri de Bourbon pour qu'il se défende devant le roi après le complot de Vincennes [1]). A l'avènement d'Henri III, ils sont laissés en liberté sous surveillance à la cour.

____Les rapports du couple de Navarre se détériorent, notamment sous l'influence de l'une des maîtresses d'Henri, Charlotte de Sauve. Dame d'honneur de Catherine de Médicis, celle-ci provoque également une brouille entre Alençon et Navarre, tous deux ses amants, que Marguerite s'employait à allier. Cet épisode relativise l'image d'un couple multipliant certes les infidélités mais à l'alliance politique solide. En réalité, Henri ne se rapproche de sa femme que lorsque cela sert ses intérêts mais n'hésite pas à la délaisser sinon.

____Alençon et Navarre parviennent finalement à s'enfuir, l'un en septembre 1575 et l'autre en 1576. Henri n'avertit même pas sa femme de son départ. Marguerite se retrouve recluse au Louvre, des gardes aux portes de sa chambre, car Henri III (qui règne depuis 1574) la tient pour complice. Mais Alençon, qui s'est allié aux huguenots, a pris les armes et refuse de négocier tant que sa s½ur sera captive. Elle est donc libérée et assiste avec sa mère aux pourparlers de paix. Ils aboutissent à un texte extrêmement avantageux pour les protestants et pour Alençon : l'édit de Beaulieu.

____Henri de Navarre appelle bientôt sa femme auprès de lui (ils se sont réconciliés au point que, pendant le conflit, elle lui a rapporté ce qu'elle apprenait à la cour). Mais Catherine et Henri III refusent de la laisser partir, Marguerite étant susceptible de devenir une otage aux mains des huguenots ou de renforcer l'alliance entre Navarre et Alençon.


L'aventureuse expédition aux Pays-Bas

____En 1577, alors que la guerre civile reprend, Marguerite fait valoir qu'elle est partagée entre la loyauté due à son mari et à son frère aîné (même si, s'agissant de ce dernier, elle est toute relative) et réclame l'autorisation de partir en mission dans le sud des Pays-Bas (Nord de la France et Belgique actuels) pour le compte de son frère cadet. Les Flamands, qui se sont soulevés en 1576 contre la domination espagnole, semblent disposés à offrir un trône à un prince français tolérant et susceptible de leur apporter l'appui diplomatique et militaire nécessaire à la conquête de leur indépendance. Henri III accepte finalement l'expédition de sa s½ur, y voyant l'occasion de se débarrasser de ce frère gênant.

____Prenant prétexte d'une cure aux eaux de Spa, Marguerite part donc à l'été, en grand équipage. Elle consacre deux mois à sa mission. À chacune des étapes de son voyage, elle s'entretient, à l'occasion de rencontres fastueuses, avec des gentilshommes hostiles à l'Espagne et, leur vantant les mérites de son frère, tente de les persuader de l'intérêt qu'ils auraient à se rallier à lui. Elle fait aussi la connaissance du gouverneur des Pays-Bas, Don Juan d'Autriche, le vainqueur de Lépante, avec qui elle a un entretien cordial. Mais pour Marguerite, que les réceptions intéressent davantage que les réalités politiques locales, le retour en France est mouvementé, à travers un pays en pleine insurrection, alors que, de surcroît, elle craint que les troupes espagnoles ne tentent de s'emparer d'elle.

____Finalement, si elle noua quelques contacts utiles, Alençon ne put ni ne sut en tirer parti.


Nérac : littérature et amour

____Après avoir rendu compte de sa mission à son frère cadet, Marguerite revient à la cour, où l'atmosphère est toujours aussi tendue. Les combats se multiplient entre mignons d'Henri III et partisans d'Alençon, au premier rang desquels Bussy d'Amboise, amant de Marguerite, « né, écrit-elle, pour estre la terreur de ses ennemis, la gloire de son maistre et l'esperance de ses amis. » La situation est telle qu'en 1578 Alençon demande à s'absenter. Mais Henri III y voit la preuve de sa participation à un complot : il le fait arrêter en pleine nuit et le consigne dans sa chambre, où Marguerite le rejoint. Quant à Bussy, il est conduit à la Bastille. Quelques jours plus tard, François s'enfuit de nouveau, grâce à une corde jetée par la fenêtre de sa s½ur.

____Peu après, Marguerite, qui a nié toute participation à cette évasion, obtient enfin l'autorisation de rejoindre son mari. Henri III et Catherine de Médicis ôtent ainsi à Henri de Navarre un motif de mécontentement. Peut-être espèrent-ils aussi que Marguerite pourra jouer un rôle conciliateur et ramener l'ordre dans les provinces troublées du Sud-Ouest. Pour accomplir cette mission, elle est accompagnée de sa mère et de son chancelier, un humaniste, magistrat et poète de renom, Guy Du Faur de Pibrac.

____Le voyage de Catherine et Marguerite est l'occasion d'entrées fastueuses dans les villes traversées, façon de resserrer des liens distendus avec la famille régnante. Au terme de leur voyage, elles retrouvent enfin Navarre (qui a mis peu d'empressement à venir à leur rencontre). Catherine et son gendre s'accordent sur les modalités d'exécution du dernier édit de pacification (c'est l'objet de la conférence de Nérac en 1579) puis la reine mère regagne Paris.

____Après son départ, les époux séjournent brièvement à Pau où Marguerite souffre de l'interdiction du culte catholique. Ils s'installent ensuite à Nérac, capitale de l'Albret (qui fait partie du royaume de France et où ne s'applique donc pas la réglementation religieuse intolérante en vigueur au Béarn).

____« La reine de Navarre eut bientôt dérouillé les esprit et verrouillé les armes » écrit Agrippa d'Aubigné. Il se forme en effet autour de Marguerite une véritable académie littéraire. Outre Agrippa, compagnon d'arme de Navarre, et Pibrac, le poète Salluste du Bartas ou encore Montaigne fréquentent la cour. Marguerite eut d'ailleurs de nombreux échanges avec l'auteur des Essais.

____La cour est surtout célèbre pour les aventures amoureuses qui s'y multiplient, au point d'avoir inspirée Shakespeare pour sa pièce Peines d'amour perdues. « L'aise y amena les vices, comme la chaleur les serpents » dénonce Agrippa. « La cour y fut un temps douce et plaisante ; car on n'y parlait que d'amour, et des plaisirs et passe-temps qui en dépendent » se félicite en revanche Sully. On prête à Marguerite une liaison avec l'un des plus illustres compagnons de son mari, le vicomte de Turenne.

____Mais en 1580 éclate la « guerre des Amoureux », ainsi nommée parce qu'on a prétendu à tort qu'elle avait été déclenchée par Marguerite par ranc½ur envers son frère aîné. Elle y aurait poussé Turenne et aurait incité ses dames d'honneur, également liées à des capitaines huguenots, à l'imiter. Il est vrai que pendant le conflit, Marguerite prend plutôt le parti de son mari. Mais, en réalité, le conflit fut provoqué par la mauvaise application du dernier édit de pacification et par un conflit entre Navarre et le lieutenant général du roi en Guyenne (province dont Henri est gouverneur). Il dure peu, en partie grâce à Marguerite qui suggère de faire appel à Alençon pour mener les négociations. Elles sont rapides et aboutissent à la paix de Fleix.

____C'est alors que Marguerite s'éprend du grand écuyer de son frère, Jacques de Harlay, seigneur de Champvallon. Les lettres qu'elle lui a adressées illustrent sa conception de l'amour, empreinte de néoplatonisme. Il s'agit, en privilégiant l'union des esprits sur celle des corps (ce qui ne signifie pas pour autant que Marguerite n'apprécie pas l'amour physique) d'aboutir à la fusion des âmes. Cette conception est illustrée par un dialogue intitulé La Ruelle mal assortie (dont l'attribution à Marguerite a toutefois été discutée).


Entre deux cours

____Après le départ d'Alençon, la situation de Marguerite se détériore. Responsable de cette situation, l'une de ses filles d'honneur, la jeune Françoise de Montmorency-Fosseux, dite Fosseuse, dont son mari s'est épris alors qu'elle n'est âgée de quatorze ans, et qui est tombée enceinte. Elle ne cesse de monter Henri contre sa femme, espérant peut-être se faire épouser. Le roi de Navarre exige même de son épouse qu'il couvre sa grossesse. Mais « Dieu voulut qu'elle ne feit qu'une fille, qui encores estoit morte » (Mémoires).

____En 1582, Marguerite revient à Paris. Les raisons de son départ sont obscures. Sans doute veut-elle échapper à une atmosphère devenue hostile, peut-être aussi se rapprocher de son amant Champvallon, ou soutenir son frère cadet. De plus, Henri III et Catherine la pressent de rentrer, espérant ainsi attirer Navarre à la cour.

____Mais elle est accueillie froidement, le roi la tenant pour responsable du dernier conflit. Et la situation se dégrade encore. Alors qu'Henri III alterne vie dissolue et crises de mysticisme, Marguerite encourage les moqueries contre ses m½urs et mène une vie scandaleuse (elle serait tombée enceinte de Champvallon). De plus, elle encourage Alençon à poursuivre son expédition aux Pays-Bas que le roi souhaite interrompre, craignant une guerre avec l'Espagne.

____Finalement, en 1583, le roi chasse sa s½ur de la cour, mesure sans précédent qui fait grand bruit en Europe, d'autant plus que le départ de Marguerite s'accompagne d'humiliations : Henri III, croisant le cortège de sa s½ur, l'ignore ; puis, il fait fouiller sa litière et arrêter certains de ses serviteurs qu'il interroge lui-même à propos d'un éventuel avortement.

____De plus, averti des rumeurs, Navarre refuse de recevoir sa femme. Il réclame à un Henri III embarrassé des explications, puis des compensations. Marguerite reste pendant ce temps dans l'incertitude, entre la cour de France et celle de Navarre, attendant que les négociations aboutissent. Les bellicistes protestants trouvent là le casus belli qu'ils attendaient et Navarre en profite pour s'emparer de Mont-de-Marsan, qu'Henri III accepte de lui céder pour clore l'incident.

____Huit mois après son départ, Marguerite peut enfin retrouver son mari, qui ne s'est pas pressé pour la rejoindre et lui témoigne peu d'intérêt, passionné qu'il est par sa maîtresse du moment, Corisande. Aux malheurs de Marguerite s'ajoute encore la nouvelle de la mort d'Alençon, en juin 1584.


D'Agen à Usson : la révolte et l'emprisonnement

____En 1585, alors que la guerre reprend, Marguerite, rejetée par sa famille comme par son mari, rallie la Ligue, qui rassemble les catholiques intransigeants et est hostile aussi bien à Henri de Navarre qu'à Henri III. Elle prend possession d'Agen, ville faisant partie de sa dot et dont elle est la comtesse, et en fait renforcer les fortifications. Recrutant des troupes, elle les lance à l'assaut des cités alentour. Mais, las des exigences de Marguerite, les Agenais se révoltent et s'entendent avec le lieutenant du roi. Marguerite doit fuir précipitamment.

____Elle s'installe alors au château de Carlat, dont elle est propriétaire. Elle y tombe malade. Le gouverneur de la forteresse entre en conflit avec son amant, qu'elle a nommé capitaine de ses gardes et qui sera par la suite tué par ordre du roi. Elle doit repartir, au bout d'un an, en raison de l'approche des troupes royales.

____Elle veut trouver refuge un peu plus au nord de l'Auvergne, au château d'Ibois, qui lui a été proposé par sa mère. Mais elle s'y retrouve assiégée par les troupes royales qui s'emparent de la forteresse. Elle doit alors attendre près d'un mois que l'on statue sur son sort.

____Henri III décide finalement de l'emprisonner dans un château qui servit de prison sous Lous XI : Usson. « Plus je vais en avant, plus je ressens et reconnais l'ignominie que cette misérable nous fait. Le mieux que Dieu fera pour elle et pour nous, c'est de la prendre », écrit-il même. Sa mère n'étant pas mieux disposée (d'autant qu'elle envisage de remarier Navarre à sa petite-fille préférée, Christine de Lorraine), il n'est pas étonnant que Marguerite craigne alors pour sa vie.

____À partir de 1586, Marguerite est donc retenue prisonnière « parmy les déserts, rochers et montagnes d'Auvergne » (Brantôme). Elle parvient néanmoins rapidement à adoucir sa détention en séduisant son gardien : « car celui qui la tenait prisonnière en devint prisonnier en peu de temps ». Elle n'en souffre pas moins du manque de revenus et de l'isolement.

____Pour s'occuper, elle entreprend la rédaction de ses Mémoires, qu'elle dédie à Pierre de Bourdeille dit Brantôme. Elle lit beaucoup (notamment des ouvrages religieux) et reçoit la visite d'écrivains, à commencer par le fidèle Brantôme, mais aussi Honoré d'Urfé, qui s'inspira sans doute de Marguerite pour créer le personnage de Galathée dans L'Astrée.


La réconciliation et le retour à Paris

____En 1593, Marguerite renoue avec son mari (devenu roi à la mort d'Henri III en 1589) qui, pour consolider son pouvoir, souhaite se remarier pour s'assurer une descendance légitime. Les arguments ne manquent pas pour appuyer l'annulation du mariage : consanguinité, contrainte exercée sur la mariée, stérilité... L'appui de Marguerite s'avérant nécessaire, sa situation s'améliore. Henri songe alors à épouser sa maîtresse, Gabrielle d'Estrées, mère de son fils César. Marguerite est d'abord réticente à céder la place à cette « bagasse » (« femme de mauvaise vie » selon le Littré). En revanche, les négociations aboutissent après la mort subite de Gabrielle en 1599, favorisées par de fortes compensations financières. L'annulation prononcée, Henri IV épouse Marie de Médicis. De bons rapports se rétablissent alors entre les deux anciens époux.

____Marguerite revient enfin à Paris en 1605. Après dix-neuf années à Usson, elle a peu changé (tout au moins en ce qui concerne ses goûts ; quant au physique, elle est devenue « horriblement grosse » à en croire Tallemant des Réaux). Elle est désormais très dévote et Vincent de Paul est un temps son aumônier.

____Elle se fait construire un vaste hôtel sur la rive gauche de la Seine, face au Louvre (il ne reste aujourd'hui rien de ce bâtiment qui initia le caractère aristocratique de ce quartier jusque là plutôt voué à l'Église et à l'Université. Seule une chapelle (dite des louanges), dans la cour Bonaparte de l'école de Beaux-Arts, rue Bonaparte, témoigne de la présence de la propriété en ce lieu). Par son amour des lettres, par les réceptions qu'elle donne (des ballets notamment), par les poètes et philosophes dont elle s'entoure (Marie de Gournay, Philippe Desportes, François Maynard, Étienne Pasquier, Mathurin Régnier, Théophile de Viau...), Marguerite perpétue le souvenir de la cour brillante des Valois.

____« Unique héritière de la race des Valois », comme elle s'intitule, Marguerite réalise, en ses dernières années, la transition, non seulement entre sa dynastie et celle des Bourbons, mais aussi entre l'esprit de la Renaissance et celui du Grand Siècle. Elle est d'autant plus apte à jouer ce rôle de trait d'union entre deux époques qu'elle entretient d'excellentes relations avec la reine puis régente Marie de Médicis (qu'elle conseille à l'occasion) et le dauphin, futur Louis XIII (dont elle fait son héritier).

____Marguerite survit quelques années à son ancien mari, et meurt en 1615.


Inspirations littéraires et cinématographiques

● Le personnage de la reine Margot a inspiré à Alexandre Dumas un roman et pièce de théâtre, La Reine Margot, publié en 1854 et adapté de nombreuses fois au cinéma et au théâtre :
● 1910 : La Reine Margot, film français réalisé par Camille de Morlhon
● 1914 : La Reine Margot, film français réalisé par Henri Desfontaines
● 1935 : Margot, pièce de théâtre d'Édouard Bourdet créée au théâtre Marigny avec Pierre Fresnay et Yvonne Printemps, mise en scène de Pierre Fresnay, musique de scène de Georges Auric et Francis Poulenc
● 1954 : La Reine Margot , film français réalisé par Jean Dréville
● 1961 : La Reine Margot, téléfilm français réalisé par René Lucot
● 1994 : La Reine Margot, film français réalisé par Patrice Chéreau
● 2004 : La Reine Margot , film norvégien réalisé par Ruben Alexander Claassens

# Posté le vendredi 21 août 2009 15:19

Modifié le dimanche 23 août 2009 07:29